Impact des conflits armés et de l'éducation sur la croissance économique en Afrique de l'Ouest

Auteurs

  • Daman-Guilé DIAWARA Université des Sciences Sociales et de Gestion de Bamako

Mots-clés:

Croissance économique, Capital humain, Conflits armés, Dépenses militaires, Afrique de l'Ouest

Résumé

Cette étude examine l'impact des conflits armés et de la scolarisation sur la croissance économique en Afrique de l'Ouest sur la période 1980-2025. S'appuyant sur le modèle de Solow augmenté par Mankiw, Romer et Weil (1992), la recherche formalise les canaux par lesquels l'instabilité détruit le capital physique et altère l'accumulation du capital humain. Pour traiter les biais d'endogénéité, de causalité inverse et d'autocorrélation propres aux données de panel dynamiques, l'étude applique l'estimateur des moments généralisés (GMM) en système de Blundell et Bond (1998) à un panel de 15 pays de la Communauté Économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), soit 675 observations pays-années exploitables. Les résultats montrent que l'intensité du conflit exerce un effet négatif et statistiquement significatif sur la croissance du PIB réel par habitant lorsqu'elle est considérée isolément (coefficient de -0,034), mais que ce coefficient perd sa significativité dès lors que l'on introduit son interaction avec la scolarisation, elle-même négative et significative (-0,024). Ce résultat indique que le principal canal de transmission de l'instabilité armée sur la croissance passe par une réduction du rendement marginal de l'éducation plutôt que par un effet direct : les simulations d'effets marginaux montrent que ce rendement, bien que fortement comprimé dans les zones de conflit de forte intensité, demeure positif sur l'ensemble de la distribution observée. La crise éducative associée à l'insécurité se traduit, selon les données UNICEF/NRC/GPE (2025), par plus de 40 000 fermetures d'écoles dans la région et par un recul moyen de 0,4 an de la scolarisation des filles à proximité des zones de combat. L'étude met enfin en évidence une association négative entre les dépenses militaires et la croissance, compatible avec, sans le démontrer directement, un effet d'éviction budgétaire au détriment de l'éducation. L'article conclut sur la nécessité de sanctuariser l'espace éducatif et de renforcer la gouvernance publique pour restaurer une trajectoire de croissance durable dans la sous-région, tout en identifiant les extensions économétriques nécessaires (test direct de l'éviction budgétaire, modélisation spatiale des effets de contagion) pour consolider ces résultats.

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Publiée

2026-10-15